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DJENNE
PATRIMOINE
Informations
n°
26, printemps 2009
NOUVELLES DE
DJENNE
Moussa Cisse dit Papa est né en 1950 à Ké-Macina de
Ousmane Baourma et de Salimata Diarrisso. Il est décédé à Abidjan le 22 mars
2009 d’une insuffisance cardiaque, et il a été inhumé à Djenné le 26 mars 2009.
Ses frères et sœurs avaient décidé de ramener son corps dans cette ville, et
plus d’un millier de personnes ont assisté à son inhumation.
Cette solidarité fraternelle comme cette affluence
compacte d’hommes et de femmes venus de toutes parts, des villages avoisinants
comme d’autres régions du pays ou de l’étranger, comme encore les messages
arrivés de contrées lointaines constituent le témoignage éloquent des évidentes
qualités du frère, de l’ami, du camarade, du père de famille, du notable, de
l’homme politique.

Photo
J.Brunet-Jailly
Le 28 janvier 2003, lors de
l’inauguration de la mairie de Djenné
De gauche à droite : le Préfet de Djenné, le Ministre Cheick Oumar Sissoko, le maire Bamoye Traore, et Papa Moussa Cisse
Son enfance et sa jeunesse ont été marquées par la
forte présence d’un père attaché aux valeurs ancestrales d’honneur, de dignité,
de courage, et autres fondements de la civilisation soudanaise et de la culture
peulhe. Eduqué dans cet environnement socio-culturel, son caractère est déjà
trempé quand il décide, après le DEF, de rejoindre l’IPEG de Diré, où il
obtient son diplôme d’instituteur. Sa personnalité achève de s’affirmer à travers les premières difficultés de la vie.
Ainsi, nommé dans la région de Kayes, l’une des plus arides et déshéritées du
Mali, il est d’abord pendant quelques années « en brousse » au
contact direct des villageois et des dures réalités maliennes.
Puis, fort de cette expérience de terrain qui avait
renforcé ses capacités d’organisation et son esprit pratique et entrepreneur,
il accepte un poste à Bamako. Là, pour raison de santé, il sera affecté au
poste de billeteur de l’Ecole fondamentale de Badalabougou. Pendant cette
période il s’adonnera, à ses moments perdus, à la photographie, qu’il
pratiquait avec bonheur ; il n’a d’ailleurs jamais cessé de s’intéresser à
cette activité, évoluant vers la photographie d’art, voire la gravure.
Ensuite deux évènements majeurs vont peser sur son
parcours : des difficultés dans l’administration scolaire, et la nécessité
d’assister son vieux père, qui avait pris sa retraite quelques années plus tôt
à Djenné. Aussi, un conseil de famille décida de l’affecter à Djenné, réalisant
ainsi un rapprochement unanimement souhaité.
Bien que contrarié par cette décision, qui
compromettait définitivement une activité photographique à laquelle il était
attaché, il eut la sagesse et le courage de l’accepter. Ce geste n’a jamais été
oublié par la famille, il fut évoqué avec beaucoup d’émotion lorsque le conseil
de famille eut à se réunir pour décider de rapatrier son corps d’Abidjan à
Djenné.
Ce même geste fut, bien évidemment, fort apprécié par
notre vieux père, Ousmane Baourma, administrateur chevronné, ancien Conseiller
général du Territoire du Soudan Français, Député à l’Assemblée Nationale du
Mali, notable de Djenné, descendant d’une lignée de chefs militaires et
théocratiques de l’Empire Peul du Macina, et qui lui aussi s’est battu toute sa
vie pour le développement de Djenné.

Photo Evelyne Bertrand
Ce geste permit donc à Papa Moussa Cisse d’être en
contact direct et permanent, pendant près de trente ans, avec un homme
politique des plus expérimentés, unhomme de grande culture, un homme nourri des
valeurs de la civilisation soudanaise, au cœur d’une ville bénie, fondée trois
siècles avant notre ère, désormais classée Patrimoine de l’Humanité par
l’UNESCO.
Papa Moussa Ousmane Baourma a donc passé son âge mûr
dans un environnement social, politique et culturel qu’il connaissait
parfaitement et que son intelligence a, en retour, embelli de la passion des
bâtisseurs de la cité. Militant infatigable, il a sillonné sans relâche tous
les villages du cercle de Djenné –et même au-delà– porteur du message de
solidarité et de justice de l’ADEMA-PASJ. Visionnaire perspicace, il avait
atteint la notoriété lorsque ses co-associés, sur demande de la jeune
génération, décidèrent de l’élire comme premier Président de la nouvelle
association DJENNE PATRIMOINE.
Pédagogue engagé, il n’hésita pas à envoyer son fils
–celui qui porte d’ailleurs le prénom de l’illustre Amadou Hampaté Ba, qui
lui-même fut l’intime ami de Ousmane Baourma– à l’école où l’on commence par
apprendre les langues nationales, expérience extrêmement importante pour le
développement du pays.
Il a eu, en bon père de famille, le souci constant des
progrès scolaires de ses enfants. Aujourd’hui Alphaka, l’aîné, est infirmier à
Bourem en attendant d’« attaquer » l’Ecole de Médecine et de
Pharmacie du Mali ; Ousmane, dit Papou, est dans une école
d’apprentissage ; Ibrahim, dit Agri, est à

Photo J. Brunet-Jailly
Frère attentionné, courtois et disponible, toujours
souriant, il rendait visite régulièrement à chacun. Et à chaque visite, les
petits-enfants de s’écrier : « Papi (grand’père), Papa (Moussa) est
venu ! Papi, Papa est venu ! »
Ce n’est pas un hasard si tant de gens ont convergé
dans un immense mouvement de reconnaissance et de solidarité pour accompagner
Papa Moussa jusqu’à sa dernière demeure.
Ce n’est pas un hasard si les rimaïbe des terres ancestrales de la famille ont été si nombreux à
marcher jusqu’à Djenné en ce 26 mars.
Ce n’est pas un hasard si les notables de Djenné, les
autorités politiques et administratives de la ville, les grands marabouts, une
foule immense de gens simples et dignes, hommes, femmes et enfants, les
délégations professionnelles, syndicales et familiales, les représentants de
l’ADEMLA-PASJ, ont tenu à apporter leur témoignages et à exprimer leurs
bénédictions. Assurément, cette convergence si imposante a manifesté une
certaine dimension de l’histoire, soucieuse comme de vouloir se répéter.
Faut-il en effet voir un pur hasard dans le fait que
Papa Moussa soit entré dans sa dernière demeure le 26 mars, jour du souvenir de
la révolution du 26 mars 1991 ? Sans doute, mais cette coïncidence nous
inspire une dernière pensée. L’histoire fait les grands hommes comme ils la
façonnent par leur exemple. Et elle est invisible au moment où elle s’inscrit
dans l’avenir de l’homme. Mais elle fleurit bientôt comme la graine de savane.
Et elle germe pour l’éternité.
Mon frère, mon ami, mon camarade, dors en paix du
sommeil des Justes. Papi, Papa, aucun des enfants n’oubliera ton message !
Cheick Cissé
Hommage à Papa Moussa Ousmane Cisse
Nous
sommes à Dieu et nous retournons à lui. Dors en paix mon cher frère, que la
miséricorde du Seigneur soit avec nous. Amen !
Ta
disparition laisse un grand vide dans la famille à Djenné et dans les villages
où se trouvent nos parents. Tu leur apportas ton aide avec une générosité sans
borne, ton sourire toujours porteur de promesses étant leur espoir. Tu tissas
si intimement les liens fraternels, familiaux et amicaux qu’ils gémiront
longtemps de ton absence. Tu fus le patriarche à Djenné en dépit de ton jeune
âge.
Comme
ton père, tu pris sur tes épaules la charge des parents, des villageois. Leur
santé, leurs conflits, leurs mariages étaient ta préoccupation. Ils te béniront,
que la terre te soit légère, amen ! Tes multitudes de nièces et de neveux
ne pourront jamais t’oublier. Tu fus plus qu’un père, un oncle, un ami, un sage
compagnon de tous les jours, à toutes les étapes de leur vie. Nous te
remercions et demandons la bénédiction de Dieu et de son Prophète. Amen !
Ta maison fut un havre de paix pour les étrangers et les talibés, que Dieu et
son Prophète te bénissent.
Nous
parlerons encore de tes conseils et aides que tu nous donnas avec amour. Tu
allais de famille en famille en semant les fleurs de la gratitude et de
l’amitié. Papa, tu fus un merveilleux conseiller conjugal, un bon éducateur, un
parfait psychologue, faisant du monde entier ton ami.
A
Kolokani en 1960 dans la résidence où nous fêtons le 14 juillet, je me souviens
encore des feux d’artifices : tu es souriant, moi peureuse. Dans la
résidence de Douentza, en 1960, il y a une vingtaine d’autruches, ensemble nous
mangeons de grosses omelettes d’œufs d’autruche. A Bougouni, nous fêtons le 22
septembre 1962 : la résidence est pleine de fleurs, les peintures
flamboyantes, et toi tu es habillé en kaki, un foulard rouge au cou : tu
es un pionnier et je suis là à t’applaudir.

Photo J. Brunet-Jailly
En
1983, tu nous rejoins à Djenné à côté du père qui commence à souffrir des
maladies de l’âge. Cet homme, notre père, dur comme une pierre, doux come un
pétale était chevaleresque à l’excès. Bon administrateur, vaillant politicien,
courageux combattant, il était un pilier inébranlable pour les faibles et les
pauvres. Il nous donna une sévère éducation qui nous a permis, après avoir vécu
dans le luxe opulent des administrateurs post-coloniaux, de nous adapter à la
vie rudimentaire de Djenné.
Pour
le père, les pionniers doivent apprendre à construire une nouvelle vie, encore
meilleure. Et te voilà donc en train de bâtir une vie meilleure à Djenné
pendant plus de vingt ans. Enseignant, président de Djenné Patrimoine, membre
de l’ADEMA, conseiller du cercle et toujours partisan de toutes les activités
de Djenné. Tu y laissas ton empreinte. La vie n’est qu’une succession de peines
et de plaisir ; elle n’est que passage, mais si nous ne faisons que
passer, cela n’est pas sage.
Mon
Dieu, inscris-le au nombre de ceux qui ont fait le bien. Mon Dieu, trouve dans
sa postérité quelqu’un qui tienne sa place. Pardonne nous, pardonne lui. Amen !
Anta Ousmane Cissé
Papa Moussa Cisse et la création de DJENNE PATRIMOINE
BG : Je m’appelle Bamoye Guitteye, je suis membre de DJENNE PATRIMOINE, et même l’un
de ses fondateurs. Lorsque nous les jeunes, Tapo, moi et Ibrahim Kone, nous
avons voulu créer une association à Djenné, nous nous sommes rendus compte
qu’il fallait que nous ayons avec nous des membres de la génération qui nous
précède, pour que l’association soit crédible. Nous avons pensé à Papa
Cisse : fils d’Ousmane Cisse, il
avait un nom, et en outre il était très intelligent. Nous avons donc décidé
d’aller le voir pour qu’il nous donne des idées et pour qu’il nous guide.
Lorsque nous l’avons vu, il nous a félicités, en nous disant qu’il attendait
une initiative de ce genre depuis des années, que notre idée était vraiment
bienvenue. Nous nous sommes revus plusieurs fois et il nous a beaucoup
guidés : c’est comme ça que l’association DJENNE PATRIMOINE a débuté. Nous
étions aussi en contact avec Joseph Brunet-Jailly, qui nous a beaucoup aidés de
son temps, de ses moyens, de ses connaissances. Papa Cisse a amené à
l’association Amadou Tahirou Bah et Hama Cisse. Nous sommes fiers d’avoir
travaillé avec lui pendant plus de dix ans, et c’est pourquoi nous voulions lui
rendre hommage publiquement. Paix à son âme !
Papa Cisse avait plusieurs qualités
exceptionnelles : il était très bien, mais surtout très tolérant. Dans la
vie de l’association, nous avons souvent eu des discussions chaudes, des
fâcheries ; mais c’était Papa Cissé qui, après un moment, venait nous dire
qu’il regrettait. Et il n’était pas rancunier : il oubliait tous les
motifs de désaccord et les mots malheureux qui échappent parfois aux jeunes
dans le feu de la discussion. C’était une de ses grandes qualités. Une autre
est qu’il avait beaucoup d’idées. Une autre est qu’il savait créer des
relations dans des milieux très divers et les mobiliser autour de ses idées.
Paix à son âme !
BK : Je suis Boubacar
Koïta, dit Tapo ; je suis guide et l’un des fondateurs de DJENNE
PATRIMOINE. J’ai connu Papa Cisse comme un frère, parce que nous avons beaucoup
travaillé dans cette association, qui s’est développée grâce à lui et aux
autres enseignants de Djenné dont il a su s’entourer. Il a contribué à ma
formation, parce que lorsque Pauline Duponchel venait à Djenné, Papa Cissé
m’appelait et me demander de lui faire visiter la ville, mais aussi de la
conduire chez Asmane Traore : c’est comme cela que j’ai commencé à
connaître la broderie de Djenné et un des brodeurs les plus connue de cette
ville. Papa Cissé a su nous pardonner les méchancetés qu’il nous est arrivé de
prononcer, il les a mises sur le compte de notre jeune âge. Je m’associe à tout
ce que Bamoye vient de dire. Nous avons perdu une grande personnalité, tant
l’association DJENNE PATRIMOINE que la ville de Djenné. Dans la vie politique
de Djenné aussi, l’ADEMA a perdu un grand type, imaginatif et dévoué.
BG : Il nous a souvent dit que lui était d’accord
pour tout ce qui permettait de développer l’association et d’atteindre ses
buts. Il nous a guidés dans la compréhension de ces objectifs d’intérêt
collectif dans le domaine culturel. Et il a été patient avec nous, qui
réagissions comme des jeunes, et nous laissions souvent emporter. Je voudrais
aussi ajouter qu’il s’est battu pour les artisans de Djenné : non
seulement les brodeurs, mais aussi les bijoutiers, les cordonniers, les
artisans du bogolan, les artisans du fer, etc. Il a été à l’origine des
premières expositions-ventes que nous avons organisées à Djenné.
BK : Tout le monde vous le dira à Djenné :
Papa Cisse s’occupait de tous les problèmes de Djenné, et se battait pour
trouver des solutions. Il était non seulement compétent, mais aussi combattif,
et se mettait au service de chacun, dans la plus grande simplicité. Avec
Foourou Cisse, il est l’une de ces personnalités qui ont vraiment œuvré pour
Djenné et pour ses habitants.
BG : Ce n’est pas un hasard si nous avons choisi
de prendre contact avec lui. Nous connaissions son poids politique à Djenné, et
nous le savions intègre. Nous savions qu’il s’occupait de tous les problèmes
dont il avait connaissance à Djenné, en demandant aux gens de venir le voir :
on va discuter, on va se comprendre ! Nous le savions cultivé et ouvert,
nous savions qu’il était au courant de beaucoup de choses et qu’il avait
beaucoup d’idées. Nous avions aussi qu’il était très sage, sans encore avoir un
grand âge. Dons lorsque l’association a été créée, nous avons pensé qu’il
méritait vraiment d’en être le président. Paix à son âme !
Amadou T.
Bah, conseiller pédagogique au Centre
d’Appui Pédagogique de Djenné : Papa Moussa Cissé, à qui tout Djénné a rendu un
dernier hommage unanime le 26 mars dernier, était un grand Djennenké, un homme
d'une profonde sensibilité, d'un grand humanisme, toujours à l'écoute des
autres, sans chercher à ce qu'ils soient ses clients. Les exemples ne manquent
pas qui témoignent que cet homme a été tout simplement un homme de bien. Il a
aidé de nombreuses associations, notamment des associations de femmes ou de
jeunes, pour lesquelles il a monté des projets et aidé à la recherche de
financement, quand bien même il savait que ces personnes n’étaient pas du même
bord politique que lui. Il a aidé les Rimaïbés du village de Ballé (situé à 7
km de Djenné) pour le montage de leur projet de riziculture et la recherche de
son financement, grâce à ses relations ; il était aussi au cœur du projet
rizicole de Niala, un autre village rimaïbé à trois km de Djenné. En plus de
ces qualités, l'homme était un politicien au commerce agréable ; il s'entendait
avec tout monde, c'était l'homme du consensus; il fut premier conseiller au
conseil du cercle de Djenné de 1999 à 2004. Papa Cissé était aussi l'homme des
ONG, avec lesquelles il a travaillé notamment dans le cadre de
l'alphabétisation des adultes. Djenné a perdu un sage, un promoteur-clef
de développement et d'émancipation. Dors en paix cher ami, que la terre te soit
légère ! Amen !
Guédjoma Dao, conseiller pédagogique au CAP de Djenné : Papa
Moussa Cissé connaissait Djenné et ses hommes, et il les aimait. Au CAP il
était chargé du volet alphabétisation des adultes et il s'en est
acquitté dans la satisfaction d tous les partenaires. Il était devenu
un acteur privilégié du développement du monde rural. C'était un homme généreux
qui osait aller jusqu'à l'ultime sacrifice en donnant ses derniers sous aux
nécessiteux avant la fin du mois. C'était un homme affectueux.
Baba Touré, directeur d'école à Djenné : Papa était homme
qui savait ce qu'il voulait, et qui était toujours prêt à rendre service quoi
que cela puisse lui coûter. Papa a aidé mon école à se connecter à l'internet
dans le cadre du cyber-Edu et cela grâce à ses relations. Je garde de lui
l'image d'un homme courtois et avenant qui aimait rendre service aux
autres et cela sans distinction. Paix à son âme !
Sébastien
Diallo, architecte : Chers amis
et membres de DJENNE PATRIMOINE, Chers Frères, En cette douloureuse
circonstance, Louange à Dieu pour ce qu’il fait, je présente à la famille
éplorée CISSE, à vous tous, et à tous les Djénnenkés, mes condoléances
les plus attristées. Homme de foi, Papa CISSE que la terre te soit
légère ! Je te pardonne de tout cœur. Que le Tout Puissant t’accorde Sa
miséricorde et t’accueille parmi Ses élus ! Dors en paix CISSE.
Docteur
Henri Dubois : Je viens d'apprendre que Papa Cissé nous a quitté, je suis
ami de longue date du Mali et admirateur de son patrimoine architectural et
historique, et de Djenné la merveilleuse en particulier : aussi je
m'associe à la peine de tous, et je vous offre mes condoléances. Oui, que
Samuel
Sidibe, directeur du
Musée National du Mali : Triste
nouvelle !! Mes condoléances les plus attristées.
Docteur
Michel Marquis : Bien à
vous : que la terre lui soit légère et que nous soyons tous dignes de
lui et son dévouement pour Djenne !
Françoise
Ribeyrolles-Marcus, de
Stockholm : Je tiens à adresser mes profondes condoléances à la famille de
Papa Moussa Cisse. En reconnaissance de tout son dévouement pour
l'Association Djenne Patrimoine, j'adresse ce jour un soutien économique à
l'Association et assure les Djennenkés et amis de Djenné que mes pensées
les accompagnent.
Lassana
Cisse, chef de
Lazare
Eloundou-Assomo, Centre du Patrimoine
Mondial, UNESCO : C’est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons la
disparition d’un grand militant du patrimoine mondial, et surtout d’un grand protecteur du patrimoine de Djenné. A tous les membres de
votre association, je voudrais adresser toutes les condoléances du personnel de
l’Unité Afrique du Centre du Patrimoine Mondial. Je vous remercie également de
bien vouloir transmettre les mêmes condoléances attristées à sa famille. Très
cordialement.
Hamidou Magassa, de Bamako : Que le pardon et la miséricorde du
Tout Puissant accompagne Papa Moussa Cissé !
Professeur
Guy Farnarier (Faculté de Médecine de
Marseille) et Madame : c'est avec une immense tristesse que nous avons
appris le décès de Papa Moussa Cissé. Nous ne nous étions rencontrés qu'à un
seul moment: lors des festivités de l'an 2000. Cela est pour nous un grand souvenir.
Nous avions pu apprécier les grandes qualités de Papa Moussa Cissé lors de
notre passage à Djenné, mais nous avons pu nous rendre compte de tout ce qu'il
a fait depuis, car le contact était gardé grâce aux informations envoyées aux
membres de Djenné Patrimoine. C'était un grand homme, son absence est cruelle.
Que la terre lui soit légère !
Docteur
Sarmoye Cisse (OMS, Bamako) :
Mes condoléances les plus attristées. Que la terre lui soit légère et qu’Allah
le miséricordieux l’accueille dans son paradis ! Amen !
Professeur
Doulaye Konate, historien, ancien
recteur de l’Université du Mali : C'est avec beaucoup de tristesse que
j'ai appris cette nouvelle de la disparition du Président de votre
association et bien entendu je m'associe à votre peine et vous présente à
cette occasion mes sincères condoléances. Aussi je me joins à vous
dans la prière pour le repos de l'âme de l'illustre disparu. Que la terre
lui soit légère et que Dieu lui accorde son pardon et sa miséricorde.
Amen!
Geert
Mommesteeg, des Pays-Bas : Mes
condoléances pour cette perte irréparable !
Mamadou
Diallo Iam, Ministère de
Balla Diarra, ISFRA, Bamako : Un adage bambara nous dit que
la mort ne peut vaincre que la chair et les os : elle ne vaincra jamais le
renom. Cela s’applique à la situation que nous vivons avec la disparition de
Papa Cissé. Dors donc en paix Papa Moussa Cissé ! Puisse Dieu permettre
que nous ayons la force physique, morale et intellectuelle de poursuivre tes
belles et grandes œuvres ! Amen !
Yamoussa
Fane, chef de
Ali Ould
Sidi, chef de
Bénédicte
Wahlin, architecte à Stockholm :
Mesdames Kerstin Nilsson et Anna Rydh, et toute la famille Wåhlin présentent
leurs condoléances à la famille Cisse et à tous les membres de DJENNE
PATRIMOINE. Souhaitons que cette association
continue ses activités pour rester fidèle à la mémoire du premier
Président de cette si utile association !
Pierre Maas, architecte au Pays-Bas : Je voulais simplement
présenter mes condoléances à sa famille et à ses amis.
Denis
Maugenest, d’Abidjan : je
formule des vœux pour que se poursuive
l'œuvre entreprise par Papa Cisse, si
précieuse pour que mémoire se garde d'un passé riche de promesses pour l'avenir
!
Philippe
Garnier, CRATerre : veuillez transmettre
nos plus sincères condoléances à la famille de Papa Moussa Cisse
Jean
Dethier, architecte, Paris : Je tiens en ces douloureuses circonstances à vous faire part
de mon émoi, de ma profonde sympathie et vous présenter mes sincères
condoléances. Merci cher Amadou Tahirou Bah d'avoir pris de suite l'affectueuse
et respectueuse initiative - au nom de tous les membres de notre
association - d'aller présenter à la famille du défunt et à ses amis le
témoignage de la peine que nous partageons avec eux et de notre
affection vis à vis du grand disparu.
Comme vous, j'apprécie à sa
juste mesure tout ce que Djenné et ceux qui militent en faveur de la
protection durable et de la valorisation de son patrimoine culturel majeur
doivent à Papa Moussa Cissé. Comme vous, je tiens à rendre hommage à ses
qualités de générosité et de dévouement à une grande cause humaniste, aux
initiatives culturelles et stratégiques qu'il a su formaliser, fédérer ou
défendre avec ténacité et conviction afin que Djenné assume avec ferveur et dignité son statut
de "Patrimoine Mondial de l'Humanité."
Je suis donc de tout cœur
avec vous alors que nous allons, tous et toutes, constater le
vide affectif et opérationnel qu'implique la cruelle disparition de notre
président. Je souhaite que cette douloureuse épreuve -
comme notre bien-aimé disparu l'aurait espéré - soit
l'occasion de reserrer nos liens d'amitié, d'agir avec plus encore d'ardeur et
de motivation en faveur du grand projet culturel de valorisation de la cité de
Djenné qui nous unit cordialement à travers le Mali, l'Afrique et le monde.
Je vous souhaite tout le
courage nécessaire pour surmonter ces pénibles circonstances et trouver les
énergies indispensables à la poursuite et à l'amplification de l'œuvre civique
de protection et de valorisation de la ville de Djenné en tant que témoignage
majeur de la créativité architecturale et urbaine des peuples et
cultures du Mali.
Jean-Luc Baillet, directeur du Centre culturel français de
Bamako : Aux membres de l’association
DJENNE PATRIMOINE, recevez toutes mes condoléances pour le décès de Monsieur
Cissé que j’ai connu et apprécié.
La qualité de vos actions futures sera le plus bel hommage à lui rendre !
Les élections communales du 26 avril traduisent une
grande stabilité politique au Mali : le parti le plus important reste
l’ADEMA avec 33 % des voix (en recul de 1 point de pourcentage par rapport à 2004), suivi de l’URD qui recueille
15 % des voix (en progression de 3,6 points de pourcentage), puis du RPM qui
obtient un peu moins de 9 % des voix (après avoir perdu 6 point de
pourcentage). Aucun des autres partis n’a plus de 6 % des voix.[1]
Dans
le cercle de Djenné, l’un des traits marquant de cette élection est le taux de
participation relativement élevé dans les communes rurales : il va de 39 %
dans la commune de Nema Dadenyakafo ou 46 % dans celle de Ouro Ali, les deux
communes où il est le plus faible, mais il dépasse 50 % dans 8 communes, pour
atteindre 67 % dans celle de Dandougou
Fakala. Pour Djenné-ville, le taux de participation est de 45,7 %
A
la suite de ces élections, dès le 28 avril ont été proclamé élus au conseil
communal les personnalités dont les noms suivent :
|
Prénoms et Noms |
Date de naissance |
Profession |
|
Bamoye Sory Traoré |
1947 |
Enseignant retraité |
|
Hamadoun Ba |
11/ 08 / 1952 |
Enseignant |
|
Lalla Maïga |
1956 |
Ménagère |
|
Mahamane Sao |
03/10/1955 |
A.T. d’Agriculture |
|
Sarmoye Santara |
1956 |
T. d’Agriculture |
|
Diaroukou Touré |
1960 |
T. d’Agriculture |
|
Gouro Cissé |
1955 |
Enseignant |
|
Lassina Yaro |
1971 |
Commerçant |
|
Hamma Ba |
1957 |
T.S Eaux et Forêts |
|
Mamoudou Touré |
1967 |
Enseignant |
|
Hawa Saba |
18/06/1965 |
Enseignante |
|
Alassane Bocoum |
26/03/1956 |
Comptable |
|
Modibo Diallo |
1950 |
Comptable |
|
Alhabibou Alpha Oumar |
1950 |
Enseignant |
|
Amadou dit Gouro Bocoum |
26/08/1972 |
Technicien de Bâtiment |
|
Amadou Cissé |
29/10/1970 |
Infirmier de Santé |
|
Kadiatou M’Baye |
19 /08/1971 |
Pharmacienne |
Ces élus se répartissent ainsi entre les
partis : ADEMA 5 élus, URD 5 élus, RPM 4 élus, PSP 2 élus, Indépendants 1
élu.
Les
élus se sont réunis le mercredi 27 mai, après des semaines de tractations entre
les partis, pour aboutir au refus par le RPM d’occuper le poste de second
adjoint qui lui avait été proposé par la coalition ADEMA-URD majoritaire dans
ce conseil et soucieuse de composer un bureau d’union . En fin de compte, le
bureau du conseil est ainsi composé :
Maire de Djenné : Monsieur Bamoye Traore (ADEMA)
1er adjoint : Monsieur Alhabibou Alpha
Oumar (URD)
2ème adjoint : Monsieur Amadou dit
Gouro Bocoum (PSP)
3ème adjoint : Madame Sidibe Lalla
Maïga (ADEMA)
Au cours de la même réunion, le conseil communal a
désigné ses deux représentants au conseil de cercle. Il s’agit de :
Monsieur Hamadoun Bah, plus connu comme Amadou Tahirou
Bah (ADEMA)
Monsier Alassane Bocoum (URD)
NOUVELLES DU PATRIMOINE DE DJENNE
Début des activités du programme de formation des
maçons et de construction d’une Maison du Patrimoine
Dans le cadre de ce projet, Evelyne Bertrand a
séjourné à Djenné de novembre 2008 à mars 2009 et Olivier Scherrer de
mi-janvier à mi-mars, afin de mettre en place quelques activités
importantes parmi lesquelles:
- un atelier de sensibilisation des
élèves de Djenné au patrimoine de leur ville
- un cours d’alphabétisation axé sur les
compétences de vie courante pour un groupe de maçons volontaires
- un recensement des artisans d’art de
la ville
- un dossier de photographies des
maisons recouvertes de briques cuites, qui ont été recensées l’an dernier par
Olivier Scherrer
- la constitution de groupes de travail
des maçons de la ville pour préparer la construction de
La sensibilisation des élèves de Djenné au patrimoine
de leur ville
Cette activité a été prise en charge par Evelyne
Bertrand, MM. Papa Cissé et Amadou Tahirou Bah, de DJENNE PATRIMOINE, et M.
Mamadou Samaké de

Photo Evelyne Bertrand
Pour solliciter la participation des jeunes, il a été
décidé de partir d’une série de questions simples sur ce qu’est le Patrimoine
Mondial, sur les motifs de classement (quel genre de site peut être
classé ?), sur les avantages apportés par le classement, mais également
les contraintes qu’il impose, sur le respect dû aux visiteurs, sur les risques
qu’entraînerait un déclassement pour une ville telle que Djenné, etc … Puis
l’échange serait suivi par la projection d’un diaporama montrant des vues de
différentes villes du monde classées, elles aussi, au Patrimoine Mondial tout
comme Djenné : Paris, Venise, Florence, Tolède, Cordoue, Antigua, Quito,
Sanaa, ….
Plusieurs séances ont eu lieu : le jeudi 29 janvier
2009 à 16 h pour les élèves concernés de l’école du quartier, de l’école
franco-arabe ainsi que des 6e de l’école de Kanafa ; le vendredi
30 janvier 2009 à 16 h pour les élèves du second cycle de l’école de
Kanafa ; le samedi 31 janvier 2009 à 16 h : pour les 6e
A, B, C. de l’école Thiokary. Pour le second cycle de l’école
Vitré-Djenné : une première séance a eu lieu le jeudi 5 février à 16
h, et une seconde séance le samedi 7 février 2009 à 16 h.
Cette activité a touché un très grand nombre d’élèves
(de 300 à 500 par séance). Elle est apparue bien nécessaire, parce qu’il s’est
avéré que les enfants ignoraient à peu près tout de ce qu’est véritablement une
ville classée comme Patrimoine Mondial. Notamment, en ce qui concerne
Djenné, selon la plupart d’entre eux, le patrimoine que viennent voir les
étrangers ce ne sont pas les lieux les plus importants aux yeux des djennenkés, à savoir la tombe de Tapama
ou le puits de Nana Wangara, etc … Les jeunes ignorent totalement que leur
ville est classée essentiellement pour son architecture traditionnelle en terre
crue et pour le style de ses constructions, ainsi que pour son site
archéologique.

Photo Evelyne Bertrand
Ces interventions ont également permis aux élèves de
réfléchir à l’importance que ce patrimoine peut avoir au niveau économique,
comme source de revenu pour les habitants de la ville, et comme moyen d’obtenir
une amélioration des infrastructures locales. Ce fut l’occasion également de
réfléchir à l’attitude à adopter envers les touristes, qui se plaignent d’être
importunés sans cesse par des gamins qui leur réclament des cadeaux.

Photo Evelyne Bertrand
La plupart des élèves ont bien participé, mais il faut
souligner qu’une traduction en bambara s’est souvent montrée nécessaire.
Il est envisagé pour plus tard d’organiser des séances
pour les élèves du lycée et pour ceux du Centre de formation professionnelle
Vitré-Djenné, ainsi qu’une journée de formation sur le Patrimoine pour les
enseignants volontaires. Il faut aussi trouver le moyen de diffuser cette
sensibilisation à toute la population de la ville par le moyen de la
radio : des émissions consacrées à ce thème devraient être assurées
prochainement par M. Mamadou Samaké.
L’approfondissement de cette sensibilisation vis-à-vis
du public scolaire prendra la forme d’un atelier de dessin sur l’architecture
de Djenné. Cet atelier serait animé par Evelyne Bertrand, professeur
d’éducation artistique. Il se déroulerait dans les rues de la ville, et
pourrait déboucher sur une exposition des dessins réalisés : à Djenné
même, bien sûr, et peut être également à Bamako.
Les différents intervenants, lorsqu’ils ont fait le
bilan de cette sensibilisation, l’ont jugée extrêmement positive. Ils ont dégagé les conditions d’une
intervention plus efficace encore l’an prochain : réduire l’effectif des
élèves à chaque séance, quitte à augmenter le nombre des séances, intervention
dans les écoles à l’invitation des directeurs plutôt qu’en dehors,
élargissement de l’auditoire aux autres habitants de la ville, etc…
L’alphabétisation axée sur les compétences de vie
courante au profit d’un groupe de maçons
L’alphabétisation des maçons de Djenné est apparue
comme une condition de l’adaptation de leur profession aux conditions actuelles
de la discussion et de la passation des marchés. Cette alphabétisation doit
être centrée sur les compétences utilisées dans la vie active. Dans le projet,
il est prévu que cette formation s’étale sur trois ans, et elle pourrait alors
être offerte à la plus grande partie des maçons de la ville.

Photo Evelyne Bertrand
Du fait de la maladie de Papa Cissé, qui devait
prendre en charge cette activité, c’est à M. Abdoulaye Koïta qu’elle a été
confiée, un professionnel du domaine, résidant à Madiama, à 22 km de
Djenné. La présentation de cette activité a été faite à l’ensemble des
maçons lors d’une réunion du barey ton le
29 décembre 2008 ; ce jour là, il a été
décidé du nombre (35 la première année) et de l’âge des stagiaires maçons qui
pourraient être admis à cette formation (entre 18 et 50 ans). Ensuite les
stagiaires volontaires se sont inscrits dans chacun des trois quartiers entre
lesquels se répartissent les maçons à Djenné.
Les cours ont eu lieu dans une salle de l’école
Thiokary. Il a été nécessaire d’y installer un éclairage d’appoint, qui
cependant demeure très insuffisant dans une grande partie de la salle,
obligeant les stagiaires à utiliser une lampe de poche pour écrire sur leurs
cahiers). Les cours ont eu lieu du 15 janvier au 31 mai 2009. Une trentaine de
maçons les ont suivis régulièrement. Les séances se sont déroulées –pour
l’instant– en langue bambara ; sera abordée plus tard une initiation à la
langue française,

Photo Evelyne Bertrand
celle qui est utilisée dans les appels d’offre de
l’administration malienne et que les maçons doivent donc connaître.
Les cours ont lieu de 19 à environ 22 heures, les
samedi, dimanche, lundi, mardi et mercredi soir ; l’animateur ayant
négocié avec les stagiaires l’autorisation de rentrer dans son village pour la
foire du jeudi, les cours ont donc vaqué les jeudi et vendredi soir. Les
stagiaires ont commencé à apprendre à lire, écrire et calculer.
Pour Evelyne
Bertrand cette alphabétisation
centrée sur les compétences de vie courante est véritablement une
réussite : les cours sont plutôt bien suivis, les stagiaires sont
motivés et s’accrochent, et ils sont d’autant plus méritants que les séances
ont lieu en soirée après leur journée de travail sur les chantiers. Les
cours se passent de manière détendue et dans la bonne humeur, l’enseignant
commence par exemple toujours par une histoire drôle destinée à détendre
l’atmosphère. Ensuite vient un bon moment d’apprentissage de la lecture, puis
une séance de calcul, le tout toujours en bambara. Pour éviter que les élèves
stagiaires ne demeurent assis pendant trois heures aux tables exiguës faites
pour des écoliers, et non adaptées à des tailles d’adultes, …. et auxquelles il
arrive d’ailleurs de s’écrouler !...
l’animateur les sollicite sans arrêt de venir écrire à tour de rôle au
tableau. Et par ailleurs, les stagiaires ne se privent pas de rentrer et sortir
de la salle comme bon leur semble, pour répondre à un appel téléphonique,
prendre l’air, fumer une cigarette, etc …. Et ce de manière tout à fait
naturelle, sans que personne ne s’en offusque : chacun fait pour lui-même,
on le sait, l’effort de concentration maximum.
Le plus touchant, au début de la formation était de
constater qu’il arrivait quelquefois, notamment le week-end lorsque la salle de
classe n’avait pas été occupée durant la journée, que les stagiaires, en
arrivant pour leur cours, trouvent encore inscrites au tableau des

Photo Evelyne Bertrand
notes de leur propre cours de la veille, et qu’ils se
dirigent directement vers le tableau pour les compléter, … heureux de commencer
à savoir écrire et calculer ! Ils semblent également avoir beaucoup de plaisir
à écrire sur leurs cahiers, il a fallu très rapidement en fournir un second à
chacun. Chaque semaine a lieu une
dictée, qui est notée et qui est destinée à évaluer le niveau des stagiaires.
Cette alphabétisation commence même à faire des
envieux dans la ville, notamment auprès d’autres jeunes qui souffrent d’être
analphabètes.
Un test a eu lieu le samedi 30 mai 2009, portant sur
la lecture, l’écriture, le dénombrement (chacune de ces trois épreuves étant
notée sur 10) et calcul (cette épreuve étant notée sur 40, ce qui lui donne un
poids considérable). Les résultats suivants ont été proclamés : le nombre
total de points obtenus va de 14 à 53 (le maximum accessible était de 70)
; 13 des participants sur 24 ont 40 points ou plus ; les quatorze
meilleurs ont reçu une gratification de fin d’année de 12.500 FCFA, les autres
une gratification limitée à 7.500 FCFA.
A la fin de cette première
étape, le maître d’alphabé-tisation, Abdoulaye Koita, nous a fait passer le
message suivant : « D'abord je
présente mes condoléances à l'association DJENNE PATRIMOINE, qui en pleine
activité, a perdu son président Papa
Moussa Cissé. Que son âme se repose en paix! Amen!
« Ensuite, cette première phase de cours
d'alphabétisation s'est très bien passée, dans des conditions favorables, et
l'examen s'est déroulé dans la sérénité et dans le calme. Je suis satisfait des
stagiaires et les félicite de leur courage, leur assiduité, et le respect
dont ils ont fait preuve.
« J'ai des propositions à faire pour la seconde
phase d'alphabétisation :
1) je suggère qu’on rédige des documents en bamanan sur l'association DJENNE PATRIMOINE, sur
ACROTERRE et sur le Barey ton;
2) je suggère qu’on rédige
des documents sur la maçonnerie en général;
3) je suggère qu’on prolonge
les cours : au lieu de 4 mois comme cette année, on peut travailler 5 et
même 6 mois, l’expérience de la première année le prouve ;
4) je suggère qu’on annonce clairement qu’il n’y a pas
de per diem pour ces cours, mais qu’il y a des prix pour les lauréats ; cela évitera que
certains ne cherchent à perturber les cours.
« Pour finir je remercie tous les stagiaires et
les animateurs du projet, au Mali et en France. A tous j’exprime ma
reconnaissance et ma disponibilité au service de l'association, du projet, et
de la protection du patrimoine. Je vous remercie tous. » (message traduit de Bamanan en Français par
Boubacar Cissé).
De même, Ba Lamine
Toumagnon, doyen des stagiaires, a déclaré : « Je suis très content d'avoir appris l'alphabétisation,
car aujourd'hui ça nous a permis de comprendre beaucoup de choses, à nous qui
n’avons pas eu la chance d'aller sur les bancs de l'école française ; nous
souhaitons que la deuxième phase nous trouve tous en bonne santé et dans la
sérénité. Vraiment Abdoulai a rempli sa tâche, car il n'est pas facile
d'enseigner des vieillards de notre âge. Vraiment nous ne savons pas comment le
remercier ! Il n'a pas de problème, il ne s’énerve pas, nous avons beaucoup
appris avec lui. »

Photo Evelyne Bertrand
Le recensement des artisans d’art de la
ville de Djenné
Afin de préparer cette utilisation de
L’artisanat est une des activités économiques
essentielles de la ville : 500 artisans dont inscrits à la chambre des
métiers, alors même que ce nombre ne tient pas compte des groupes de femmes qui
confectionnent les bracelets en perles rocaille, activité qui est
aujourd’hui pratiquée dans le vestibule
de toutes les maisons de la ville.
Ce recensement a été l’occasion de repérer certaines
des difficultés auxquelles se heurtent les artisans d’art de Djenné : par
exemple la difficulté à se procurer certains matériaux nécessaires à leur
activité (par exemple, pour les brodeurs, le fil de qualité), ou la disparition
de l’apprentissage familial dans certains métiers considérés comme sans avenir…
Le recensement a aussi été l’occasion de photographier le travail en cours chez
les artisans visités. Il a confirmé l’extraordinaire potentiel d’invention
créatrice existant à Djenné.
Ces documents pourront
être utilisés pour compléter le diaporama qui est déjà sur le site
internet de DJENNE PATRIMOINE.
Dossier photographique sur les maisons à façades
recouvertes de briques cuites
DJENNE PATRIMOINE a déjà exprimé la position selon
laquelle le recouvrement des façades en briques cuites est une fausse solution
à un vrai problème : une solution plus coûteuse, plus dangereuse et moins
durable qu’on ne le croît ! En 2000, Olivier Scherrer a recensé les
maisons à façades recouvertes de briques cuites, sur lesquelles quelques
informations ont été notées (en particulier l’année où ce revêtement a été mis
en place, et la liste des façades concernées). Et inventaire devait absolument
être complété par des documents photographiques. C’est ce qu’a fait Evelyne
Bertrand en ce début 2009 : 173 photographies de ces maisons ont été
prises dans tous les différents quartiers de la ville (vues d’ensemble et
détails des revêtements).
Ce travail confirme, au moment où la mode est à Djenné
de « recouvrir entièrement » les maisons de briques cuites, que des
fissures apparaissent rapidement, même sur les maisons récemment revêtues.
Les groupes de travail des maçons de
Djenné sur le projet de Maison du Patrimoine
Au cours d’une réunion du barey ton » Olivier Scherrer a
présenté aux maçons de la ville la manière dont le projet a été conçu. Ce n’est
pas là un « projet cadeau » parachuté depuis l’étranger, il a été
monté depuis le début à Djenné par DJENNE PATRIMOINE et le barey ton, appuyés par ACROTERRE et les membres européens de DJENNE
PATRIMOINE. Il est géré à Djenné par un coordonnateur, M. Amadou Tahirou Bah,
le trésorier de DJENNE PATRIMOINE, et par M. Bakaïna Mayentao, un maçon
entrepreneur désigné par le barey ton.
Pour l’instant, la moitié seulement du financement a été trouvée : il faut
donc cette année, avec l’argent disponible, respecter un budget et des délais
précis, se concerter pour prendre entre nous les décisions nécessaires, etc.
Ensuite Olivier Scherrer a
suggéré que le barey ton constitue
trois groupes de travail pour que les maçons définissent en détail les actions
qu’ils vont entreprendre : un premier groupe sur
Les maçons présents à cette
réunion se sont donc répartis en trois groupes de 52 à 54 personnes, et chaque
groupe a désigné ses six représentants, dont un vieux maçons qui dirigera le
groupe. Les groupes sont constitués de maçons de tous âges, des plus jeunes
stagiaires de l’alphabétisation aux plus âgés (qui ont ainsi à cette occasion
retrouvé une place qu’ils avaient perdue depuis quelques années au sein du barey ton. Le premier bénéfice de cette
activité est donc déjà de solliciter la collaboration de l’ensemble de la
profession.
Puis Olivier a organisé des
réunions avec chacun des représentants des groupes, afin de les conseiller sur
la de procéder, totalement révolutionnaire pour eux. Avec une infinie patience,
et d’incroyables dons pédagogiques, il est parvenu à leur faire
comprendre des notions abstraites bien difficiles à acquérir pour eux, qui
ont l’habitude de fonctionner de manière totalement empirique. Par exemple
il a fallu beaucoup de temps pour faire comprendre aux maçons l’importance de
« classifier » les différents problèmes qu’ils avaient recensés, mais
Olivier y est parvenu en recourant à l’exemple d’objets que l’on range dans des
boîtes en fonction de leur destination. De la même manière il ne fut pas simple
de leur faire découvrir par eux-mêmes comment organiser un chantier de grande
ampleur, comparé à la taille des maisons qu’ils ont coutume de construire. Il a
fallu également leur montrer comment s’y prendre pour estimer les quantités de
matériaux nécessaires pour construire, que ce soit en « djenné
ferey » ou en « toubabou ferey », afin de pouvoir établir un coût comparatif entre les
deux modes de construction. Etc, etc ….. Si les maçons parviennent à poursuivre
seuls à l’avenir ce mode de fonctionnement en échangeant entre eux, ils auront
franchi un très grand pas.
Après le départ d’Olivier, M.
Boubacar Cissé, un jeune professeur au collège de Djenné, a été chargé de
suivre les réflexions de ces différents groupes de travail, et d’en transmettre
les conclusions aux responsables du projet sous formes de compte rendus par
mails.
Activités de
Du 28 au 30 novembre 2008,
En février-mars 2009,
Du 14 au 16 avril
Les travaux entrepris par le Réseau Aga Khan sur la
mosquée de Djenné sont entrés en 2009 dans une phase active. Sous la conduite
d’architectes de divers pays (France, Egypte, Cameroun, Italie, Algérie…) qui
semblent se relayer sur ce projet, et d’Ibrahim Toumagnon, maçon de la famille
du chef traditionnel de Djenné, une quinzaine de maçons de Djenné, aidés chacun
par deux manœuvres (plus les manœuvres employés pour mélanger, transporter,
hisser les matériaux…) travaillent sans discontinuer.
Leur première tâche a été de remettre en état de
toit-terrasse de la mosquée, qui supportait une couche de banco épaisse en
certains endroits de plus de 60 cm. Après avoir déchargé le toit de ce poids
considérable, on a examiné l’état des planchers qui le supportaient, et qui
étaient de deux types. Un premier plancher fait de troncs de rônier
éclatés placées côte à côte ; et
dessus, un second plancher fait de bois ordinaires, placées côte à côte, mais perpendiculairement
aux rôniers. Ces bois ordinaires étaient en général en mauvais état, et ils ont
tous été remplacés par des morceaux de rônier. Les rôniers viennent de la
région de Kayes. Ce travail sur le toit-terrasse est très avancé, mais il n’est
pas achevé.

Photo J. Brunet-Jailly
La couleur très claire
du banco de Sakoumbo apparaît nettement sur les pinacles récemment recrépis
En même temps, les maçons ont commencé à recrépir les
pinacles et acrotères de la mosquée. Ils ont pour cela créé des bassins
protégés du soleil pour préparer le banco, ils sont fait venir du banco de
Sakoumbo (près du site archéologique), ils ont soigneusement tamisé ce banco,
qui est de couleur très claire, et ils l’ont mélangé avec de la balle de riz.
Le résultat est un crépi très clair, très lumineux, qui modifie sensiblement
l’image qu’avait la mosquée de Djenné depuis sa création d’après les documents
dont nous disposons. Aucun additif n’a été utilisé, semble-t-il, contrairement
à ce qu’on dit dans la ville. Aucune décision n’a semble-t-il été prise quant à
l’adoption de ce type de crépi pour l’ensemble du bâtiment. Cette année, la
mosquée sera recrépie de la même façon que les années passées : ceci sera
fait le jeudi 4 juin.
Il est prévu que le chantier ne sera pas interrompu pendant la saison des
pluies. L’effectif des maçons pourrait être réduit à 10, et le travail portera
sur les enduits de l’intérieur de la mosquée, après que les fils électriques
aient été encastrés dans les murs.
NOUVELLES DE DJENNE PATRIMOINE
Une
délégation du Rotary Club de Dijon visite Djenné :
Evelyne Bertrand a noué des contacts avec le Rotary
Club de Dijon, pour lui faire connaître le programme d’alphabétisation
fonctionnelle et de formation professionnelle des maçons de Djenné. Début
décembre, une délégation de ce club, envisite au Mali, a rencontré à Djenné
Evelyne Bertrand, Papa Cissé et Amadou Tahirou Bah. Le lendemain, les mêmes
personnes ont rencontré le Rotary Club de Mopti. Evelyne Bertrand et Papa Cissé
ont remis à cette délégation une estimation du coût du programme d’alphabétisation,
pour le dossier qu’elle rapportera au Rotary Club de Dijon, qui envisageait de
constituer un dossier pour le Rotary Club International.
[1]Voir les résultats complets
(nationaux et par région) publiés par le
Ministère de l’administration territoriale et repris dans la presse, par
exemple dans Le Républicain du 8 mai
2009, p. 6-8 Retour au texte
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